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Migrants mineurs non accompagnés: une situation douloureuse

Comme tous les départements d’Occitanie et de France, le Gers connait ces derniers mois une affluence importante de jeunes migrants mineurs non accompagnés (MNA). Venus du Mali, de Guinée et de Côte d’Ivoire, seuls ou en petits groupes, ils ont tout quitté. Certains de ces enfants ont subi ou ont été témoins de violences.

 

Est-ce ainsi que les hommes vivent

Chaque jour, des dizaines d’adolescents et d’adolescentes arrivent en France, espérant trouver un refuge contre la misère, le manque d'avenir ou la dictature qui sévissent chez eux. Leur nombre a doublé en 2017. Ils seraient désormais 25 000, selon les estimations de l’Assemblée des départements de France, dont quelques dizaines dans le Gers. Affaiblis, démunis, vulnérables, ils ont tout quitté. Tout. Leur environnement familier, leurs amis, leurs frères et sœurs, leurs parents pour une odyssée qui dure des mois, parfois des années, sur les routes du Sahel, du Maghreb ou du Moyen-Orient, à travers la Méditerranée ou la mer Égée ; puis encore en Europe, cachés, la peur au ventre.

Ils connaissent les dangers qu’ils peuvent rencontrer et les souffrances qu’ils peuvent endurer durant leur périple: maltraitance, séquestrations, violences physiques et psychiques, privation de nourriture, rackets, viols, parfois la mort.

 Les causes de ces migrations

Elles sont le produit des conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, de l’état politique et économique des anciennes colonies françaises et d’un ordre économique international injuste, régi par des intérêts capitalistes qui ne se soucient pas des catastrophes humanitaires qu’ils provoquent.

 Changer de regard

On ne migre jamais par hasard. Un exil est motivé et ces jeunes sont prêts à prendre le risque de traverser des milliers de kilomètres dans des conditions extrêmes pour trouver un environnement sécurisant.

Reste à ne pas être angélique : les français sont favorables à une politique dure en direction des migrants, qu’ils soient mineurs ou pas. Mais, en vérité, confrontés aux situations concrètes, ils sont à la fois généreux et ouverts. Ils sauront entendre que, pour ces jeunes comme pour la France, notre pays doit de les accueillir dignement et intelligemment. D’autant que, démagogie mise à part, les français savent qu’ils ne repartiront pas car ils ont reçu un mandat de leur famille, fui la misère ou la mort. Ils descendront dans les souterrains de la société française avec tous les risques de la clandestinité. Par tous les moyens, il faut leur éviter cette vie illégale.

 Un système d’accueil qui manque terriblement de moyens

Est considéré comme mineur non accompagné tout jeune âgé de 0 à 18 ans qui entre sur le territoire des États membres de l’Union Européenne sans adulte à ses côtés. Les principes de l'Europe précisent que ce sont aux États membres de protéger tous les enfants mineurs et/ou isolés.

La protection de l’enfance est à la charge des départements lesquels en retour appellent à l’aide l’État ... qui limite les dépenses. Pour Véronique Njo, Cadre du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, « la situation est assez catastrophique, même si elle varie d’un endroit à l’autre. Les capacités d’hébergement sont insuffisantes ; les équipes d’éducateurs, trop restreintes et peu formées au travail interculturel. » Pour elle, il faut d’urgence des moyens supplémentaires. Longtemps marginale, la question de l’accueil des jeunes migrants isolés, des garçons à 95 %, se pose désormais partout.

 Des jeunes pleins de ressources.

Malgré une vie déjà abimée, ces adolescents déploient une énergie incroyable. Ils s’accrochent à leurs rêves : retourner à l’école et apprendre un métier, pour plus tard, généralement dans le bâtiment ou la restauration, via l’apprentissage, dans le département du Gers ou les départements voisins. Ils sont volontaires et cherchent à entrer rapidement  dans les cursus d’apprentissage et de scolarisation pour établir un dossier de demande d’asile qui leur permettra de s’intégrer dans la société française.

 Un sujet de préoccupation majeur pour le département du Gers

L'accueil d'urgence est une compétence obligatoire du Département, dans le cadre de la protection de l’enfance.

Les mineurs non accompagnés (MNA) sont aujourd’hui une cinquantaine. L’association REGAR les accueille dans l’urgence et assure leur 1ère installation dans l’ex-EPHAD de la Ribère à Auch, au centre vacanciel de Samatan, dans les structures hospitalières et les collectivités locales participent à cet accueil (CIAS de l'agglomération du Grand Auch pour les repas). Ensuite ils sont orientés dans les structures de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) qui les prend en charge, dans l’établissement Louise de Marillac à Auch, à St Clar, à Barran, ..

La tendance est à l’amplification de cette migration de jeunes et d’adolescents, du fait du réchauffement climatique, de la misère grandissante et de l’état de délabrement dans lequel sont plongées les anciennes colonies françaises. L'Etat ne veut pas entendre les difficultés auxquelles les départements sont confrontés. Entre janvier et la fin août 2017, 34 migrants mineurs étaient arrivés dans le Gers. Depuis septembre ils sont près de 150 à avoir été pris en charge par l'Aide sociale à l'Enfance (ASE).

Les travailleurs sociaux font un travail extraordinaire pour ces jeunes mais ils ont le sentiment de travailler pour rien quand ils n’obtiennent pas la régularisation, bien que ces jeunes aient maintes fois fait la démonstration de leur courage, de leur détermination et de leur mérite.

 Le PCF demande une mobilisation exceptionnelle

Pour le Parti communiste français, l'avenir de notre pays doit se construire par des politiques faites de fraternité, de solidarité et de partage, et non de concurrence et de concentration des richesses et des pouvoirs.

C'est aussi vrai concernant l'accueil des migrants et des réfugiés qui doivent être accueillis dans la dignité afin qu'ils puissent trouver leur place dans notre société ou, s'ils le désirent, retourner dans leur pays en paix.

Le Parti communiste français demande au chef de l’Etat « d’engager la France dans une mobilisation exceptionnelle et d’allouer les crédits nécessaires aux services de l’État comme aux villes, villages, localités et collectivités territoriales ». Le PCF demande d’engager « un plan d’aide et d’accueil d’ampleur ». Notre pays a les moyens d'une grande politique sociale au bénéfice de tous, en mettant fin aux politiques d'austérité qui fabriquent de la pauvreté, asphyxient les budgets et les services publics.

Ce combat pour « l'humain et la solidarité d'abord » est celui du Parti communiste français.