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Emotion et débat autour de la crise aviaire

Alors que 900  000 palmipèdes vont être abattus, les responsabilités des transports et de l’industrie sont pointées du doigt. Le niveau des indemnisations est crucial.

La Confédération paysanne  demande que tous les éleveurs soient indemnisés selon la valorisation de leur production. Par ailleurs, cette épizootie doit être traitée en prenant en compte les différents types d’élevage. De nouvelles mesures de biosécurité ne doivent pas pousser encore plus à l’industrialisation de la filière. Surtout, tout doit être mis en œuvre pour s’attaquer en profondeur aux causes du mal. L’organisation de la filière doit être repensée pour cesser la spécialisation à outrance et relocaliser l’ensemble des maillons de cette production.  » Par la voix de Sylvie Colas, agricultrice à Lectoure,  la Confédération Paysanne considère qu’on est au bout d’un système et  demande un débat sur l’avenir de la filière du canard gras.

Le MODEF souhaite qu’une analyse scientifique des causes soit réalisée, pour identifier les responsabilités et pouvoir revisiter les mesures sanitaires de prévention et de lutte en fonction de ses conclusions. Pour le syndicat, il existe des systèmes de production différents et que, l’identification des points forts et points faibles de chaque système doit permettre de dégager les mesures de biosécurité spécifiques les plus appropriées.

Ne pas laisser sur le carreau une nouvelle vague de producteurs

Coté indemnisations le Modef les estime nécessaires pour ne pas laisser sur le carreau une nouvelle vague de producteurs. Sur ce dossier, l’interprofession du foie gras (Cifog) est attendue au tournant car nombre d’éleveurs craignent qu’elle favorise une filière longue basée sur des volumes plutôt que la réelle défense des éleveurs, notamment familiaux.

 Cette nouvelle crise aviaire vient en rajouter sur une situation déjà difficile pour de nombreux paysans. N’oublions pas la période de vide sanitaire sans production, donc sans revenus.

Le Modef, nous indique André Belvèze, incite le CIFOG à revoir le fonctionnement et le développement de la filière. Il s’appuie sur l’analyse du système industriel développé par Maisadour, Delpeyrat, Euralis et d’autres mastodontes de l’agroalimentaire. Ce système consiste  a scinder les étapes de la production, si bien que des éleveurs sont chargés uniquement de faire naître les canetons, qui, une journée après être nés, sont transportés vers les éleveurs gaveurs. Une fois gavés, ils sont une nouvelle fois transportés à l’abattoir.

 Les transports sur de longues distances, sont  responsable de la crise aviaire actuelle

Pour le Modef landais et Christophe Mesplède son président, ce système de filière longue « calquée sur celle des poulets et des porcs », occasionnant des transports sur de longues distances, est responsable de la crise aviaire actuelle. «  Le système naisseur-éleveur-gaveur réapparaît comme étant le plus cohérent d’un point de vue sanitaire, a-t-il souligné dans différents interviews à la France Agricole ou à l’Humanité.

Le Modef prône une réorientation vers des produits de qualité et l’élevage en plein air.

«  Il faut mettre les choses à plat  » indique André Belvèze, président du Modef du Gers. Tant sur la taille des lots, la densité des élevages, que sur le périmètre maximum de transport. « Et en ce qui concerne le développement, il faut arrêter de chercher à gagner des volumes en compressant la rémunération des producteurs ».

André Belvèze annonce que le Modef demandera qu’un effort soit fait à l’avenir sur la recherche sur la sélection génétique, l’alimentation, les conditions d’élevage favorisant la résistance sanitaire des animaux.