Fédération du Gers

Fédération du Gers
Accueil
 
 
 
 

Bruno Gabriel et Annabelle Skowronek : une autre ambition pour l’Ecole et pour la Formation est possible

Les années se suivent et se ressemblent, chaque période de carte scolaire donnant lieu à des mouvements de protestations de la part de parents, d’élus locaux et d’enseignants.  Qu’en pensent les candidats du Parti Communiste aux prochaines élections législatives du Gers?

  • Comment percevez- vous, la situation dans laquelle se trouve l’Ecole Publique gersoise?

Annabelle Skowronek: L’Education, comme d’autres services publics, tels l’Hôpital, La Poste, les Trésoreries subissent des réorganisations à coups de fermetures et de concentrations, du fait des réductions budgétaires ou de leur insuffisance. Ainsi, pour les écoles du Gers, toute demande de création de poste se traduit mécaniquement par une fermeture de classe ou d’école. On déshabille Paul pour habiller Pierre.
Cette situation provoque des mécontentements, que ce soit dans le Gers ou ailleurs. Ajouté à d’autres phénomènes, comme la pénurie de médecins par exemple, il se développe en parallèle, dans les zones rurales particulièrement, un sentiment d’abandon dont les conséquences peuvent être graves si les causes de cette situation restent méconnues. La droite et l’extrême-droite gersoises s’en délectent, mais sans apporter le début d’une solution, et pour cause.

 

  • Pourquoi d’après vous les protestations sont-elles de plus en plus nombreuses?

Bruno Gabriel : Il ne faut surtout pas oublier que l’Ecole publique a perdu une cinquantaine d’emplois d’enseignants durant le quinquennat de N. Sarkozy. Les enseignants du Gers ont vu le service des remplaçants se dégrader. Ils ont vu quasiment disparaître les réseaux d’aide et de soutien aux élèves en difficulté. L’Education Nationale leur a imposé de ne plus comptabiliser les enfants de moins de 3 ans dans les effectifs tout en faisant pression pour les scolariser.
Ces dégradations ont perturbé le fonctionnement des écoles, mais sans que cela ait eu des conséquences visibles à l’extérieur des écoles..
Depuis quatre ans ce n’est plus le cas, parce qu’en l’absence du plan de rattrapage qui était attendu, l’Education Nationale ne peut plus rien fermer d’autre que des classes ou des écoles.

 

  • Dans la presse le préfet justifie ces mesures en insistant sur l’évolution des effectifs..

Annabelle Skowronek :  Le préfet est le représentant de l’Etat, son approche est celle de la ministre et de la rectrice. Les syndicats et la FCPE lui ont rappelé qu’il y a aujourd’hui 260 élèves de plus qu’en 1997, mais que le département compte une soixantaine de postes d’enseignant-es en moins. C’est un fait incontestable.

  • Il est aussi souvent question du protocole signé par des parlementaires et l’Association des Maires.

Bruno Gabriel : Ces signatures révèlent plusieurs choses. Ce protocole a été établi à la demande du ministère sur une base malsaine, consistant à dire: « soit vous acceptez de rationaliser les emplois en fermant des écoles  rurales, soit vous perdez des postes ». Les gersois et de nombreux élus locaux n’acceptent pas ce chantage. S’ajoute à cela le fait que ce document a été signé sans qu’aucune information n’ait été préalablement diffusée, ni qu’aucune concertation n’ait été organisée.  Cette conception délégataire du rôle des élu-es est rejetée, à juste titre. Mais surtout, accepter ce protocole en l’état, c’était admettre de fait que la saignée des années Sarkozy ne serait pas compensée. Cela démontre que la question du budget est vraiment la clé du problème.

 

  • Justement, est-il possible d’investir davantage dans l’éducation et la formation malgré la crise et la dette?

Annabelle Skowronek :  D’autres pays font ce choix. La réalité c’est que l’Ecole manque de moyens. Les syndicats ont raison de rappeler, chiffres à l’appui, que la dépense par élève dans le primaire en France est inférieure de 15% à la moyenne des pays développés. Elle est inférieure de 30% à la moyenne des dix pays qui ont les meilleurs résultats aux enquêtes internationales. C’est énorme  mais la France peut relever ce défi..
Quant à la crise, de quelle crise parle-t-on? Une crise qui dure depuis 40 ans n’est plus une crise, c’est un système! Nous rappelons sans cesse que la fraude fiscale en Europe est deux fois supérieure à la dette des pays de la zone euro. Sans fraude, il n’y aurait pas de dette, l’Etat ne prendrait pas 28 milliards aux collectivités territoriales, ne compresserait pas le budget de la Sécu, créerait davantage de postes dans l’Education, etc. On connaît quasiment tous les réseaux financiers de la planète qui organisent cette évasion. L’Assemblée Nationale devrait être beaucoup plus combative sur cette question.

 

  • Remettre à niveau pour rattraper le retard, est-ce possible  Quelles propositions faites-vous?

Bruno Gabriel : Le coût de l’investissement à fournir est relatif. Par exemple, pour atteindre la moyenne de la dépense par élève des dix pays qui ont les meilleurs résultats scolaires, il faudrait augmenter le budget de six milliards. Nous disons que c’est possible si notre pays se donne les moyens d’empêcher l’évasion fiscale qui nous prive de 80 milliards tous les ans.
Ou si le Parlement décide de verser dans le pot commun, par le biais de l’impôt, ne serait-ce qu’une partie des rémunérations folles versées aux actionnaires du CAC40.
Disons-le franchement, pour répondre aux besoins élémentaires des français, comme l’école, la santé, les services publics, il faut remettre la main sur la finance. Sans cela les promesses restent des paroles. Voilà pourquoi il faut davantage de député-es communistes à l’Assemblée Nationale