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Sapeurs-pompiers: il n’y a pas de fatalité à la «crise»

Les sapeurs-pompiers constituent la première force mobilisable en tout point du département pour répondre aux obligations d’assistance et de solidarité. Ils sont un service public qui n’en porte pas le nom. Aujourd’hui, les CIS* sont confrontés à une crise révélatrice des difficultés du département. Ils doivent faire face à un double défi: se renforcer et continuer à offrir un haut niveau de protection des citoyens.

Les candidats PCF-Front de Gauche Annabelle Skowronek et Bruno Gabriel font des propositions.

 Un journal titrait récemment «  Le feu chez les pompiers ». A quelles difficultés sont confrontés les Centres d’Incendie et de Secours?

L’activité principale des pompiers était la lutte contre l’incendie, mais aujourd’hui 8% des interventions relèvent de la lutte contre les feux, 9% des accidents de la route, 72% du secours à la personne. Cette évolution de l'activité a entraîné une forte augmentation du nombre des interventions.
En même temps, le corps des sapeurs-pompiers est confronté à une crise de recrutement de volontaires. Cette situation s’aggravera si l’Etat laisse dépérir lles départements ruraux.

• Comment encourager le volontariat?

Le volontariat doit être soutenu par des mesures concrètes au niveau national.

Les milliers d’interventions des SPV font économiser des centaines de millions d’euros au ministère de la Santé. Partant de ce constat, il n’est pas normal que l’on chipote à revaloriser la prestation de fidélisation et de reconnaissance et la vacation horaire. La PRF devrait être versée au prorata de l’engagement après cinq ans d’engagement, et non après vingt ans de services, alors que la durée moyenne d’engagement est de onze ans. La protection sociale des SPV doit être améliorée, elle ne doit plus être prise en charge par les amicales parce que ce système engendre des inégalités en fonction des territoires.

Il faut aussi s’interroger sur les raisons de l’affaiblissement du tissu de l’artisanat et du commerce qui fournissait une part importante de SPV. Les départs à la retraite ne sont pas totalement remplacés. Il faut agir contre l’insécurité professionnelle qui touche ces corporations confrontées à la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs, des travailleurs détachés ou des grandes surfaces. Nous sommes favorables à des mesures particulières en faveurs des petites entreprises, de l’artisanat et du commerce à la place des exonérations dont bénéficient les grandes entreprises qui se gavent sur leur dos.

En ce qui concerne les agriculteurs qui ne représentent que 6% des SPV du Gers, une autre politique agricole doit voir le jour qui stoppe la concentration des terres, qui permette l’installation de jeunes en remettant en place une agriculture paysanne.

Ces politiques doivent être conduites par l’Etat.

Ajoutons que les médias devraient mener des campagnes d’information modernes sur le bénévolat et le volontariat. Tout le contraire de ces émissions destinées aux jeunes qui cultivent la compétition permanente, l'individualisme ou la peur de l’autre! Il faut changer cette mentalité.

• Localement quelles actions peuvent être menées?

Les responsables des CIS et les élus locaux font leur possible pour encourager le volontariat et trouver des solutions locales au problème de la disponibilité des pompiers en journée. Des campagnes sont lancées pour féminiser et rajeunir  le corps des SPV. Des conventions sont parfois signées avec des employeurs et les collectivités. Certaines actions en direction des collégiens visent à maintenir un vivier de JSP (Jeune Sapeur Pompier). Des communautés de communes ont pris des dispositions pour fidéliser les volontaires, par exemple en facilitant la garde de leurs enfants, en leur donnant des priorités d’accès au logement, etc. Mais cela ne peut pas suffire parce que les solutions ne relèvent pas toutes de l’échelon local.

• Que faudrait-il faire de plus?

Les députés PCF, pas assez nombreux à l’Assemblée Nationale, en ont présenté quelques unes qui sont restées lettres mortes à ce jour. La méthode proposée est la suivante:
- D’abord, faisons un état de la situation sans rien évacuer, comme la pénurie médicale, les sources de financements, la reconnaissance du volontariat, l’évolution du «métier»  de SP, l’avenir de la ruralité, l’insécurité professionnelle, etc

- Ensuite, re-politisons vraiment le sujet: quel système de protection civile voulons-nous en France? comment le mettre en oeuvre, avec quels moyens?

- Enfin, agissons en donnant des mandats clairs sur les décisions à prendre pour défendre l’intérêt général.
Cette démarche, nous la devons à tous les volontaires qui sacrifient leur temps et qui s’inquiètent eux-aussi de l’avenir de ce service à la population qu’ils font vivre.

• Toute mesure a un coût et on nous répète, matin et soir, que la France est près de la faillite…

À l’heure où chacun de nous est informé de l’énormité de l’évasion fiscale, souvent légale, à laquelle se livrent de grandes sociétés avec le concours de cabinets d’avocats, qu’on ne nous dise plus que l’action publique est paralysée faute de crédit. Si elle l’est, c’est pour d’autres raisons.

Le coût de la « Sécurité civile » représente aujourd’hui 0,15% du budget de l’Etat. Ce budget est insuffisant pour garantir un service de secours républicain, c’est-à-dire équitable sur tout le territoire national. Soyons persuadés que s’il fallait professionnaliser entièrement ce service public, la dépense serait beaucoup plus importante. Dans le Gers, elle est aujourd’hui de 62€ par habitant, vingt quatre heures sur 24, 365 jours par an.

On peut revitaliser ce dispositif, à certaines conditions.

• Lesquelles?

Tout d’abord l’État doit prendre ses responsabilités et cesser de transférer toujours davantage de charges aux communes et départements qui agissent pour son compte. Soyons clairs, il n’est pas question pour nous que la collectivité départementale ou les communes assument des dépenses supplémentaires.
Mais soyons plus précis. Dans le domaine de la « Sécurité civile » le Parti Communiste Français avance trois propositions de source de financement.

- D’abord, qu’on mette à contribution les sociétés d’assurances qui réalisent leurs profits pour partie grâce à l’efficacité des services d’incendie qui limitent l’extension des sinistres et réduisent les hospitalisations. D’autres pays de l’Union européenne l’ont fait : la République tchèque, l’Allemagne, la Suisse et le Portugal. Pour ce dernier, la contribution représente 25 % environ du financement de la protection civile et de secours.
- Qu’on fasse ensuite participer les grosses entreprises à risques - chimie, pétrole, cimenteries, etc, car les SDIS sont obligés de s’équiper de matériels spécifiques pour couvrir leurs activités. Mesure-t-on bien l’intérêt économique d’une intervention rapide et efficace des sapeurs-pompiers pour sauvegarder le potentiel de production?

- Qu’on mette enfin à contribution les sociétés autoroutières. Si le législateur a déjà prévu le principe qu’une partie du droit de péage doit financer l’action des SDIS, les montants versés restent ridiculement limités par rapport aux chiffres d’affaires et aux profits énormes réalisés par ces sociétés. Le prélèvement doit être obligatoire et son taux être réévalué afin de participer pleinement à la sécurité de nos concitoyens.
Si les Français le veulent, tout cela est possible.

• Y a-t-il une solution à la montée en puissance du secours à la personne?

Les pompiers font ce que d’autres ne font plus. Dans un département comme le nôtre où plus d’un tiers de la population à plus de 60 ans, où la pauvreté et l’isolement se sont installés, le moindre incident mobilise les pompiers. La désertification médicale et la diminution des permanences médicales de proximité en sont une des raisons principales. Si rien n’est fait, la situation va encore s’aggraver car, dans le Gers, 32% des médecins libéraux ont plus de 60 ans …  La première des mesures est donc de recruter des médecins. La seconde est de faciliter leur installation, pour cela il faut créer des centres de santé gérés par les collectivités dans lesquels les médecins sont salariés, où ils consacrent entièrement leur temps à la médecine, où ils assurent des permanences. Partout où des centres de santé sont créés, des médecins viennent s’installer. Les maisons de santé offrent rarement de tels avantages.

Les chiffres du Gers
n Il y a 1171 sapeurs-pompiers volontaires (SPV) et 63 pompiers professionnels dans 43 CIS* (cendre d’incendie et de secours) et un SDIS (service départemental d’incendie et de secours).
n Avec une intervention de pompiers toutes les 43 minutes, environ dix mille gersois ont été secourus en 2016.
72% des interventions des SP sont destinées au « secours à la personne », c’est-à-dire principalement le secours à des personnes malades ou accidentées, à leur domicile, dans un lieu public ou au travail.
n Depuis 2006, l’activité des pompiers du Gers a augmenté de près de 60% et de plus de 90% au seul titre du secours à personnes! 

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